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2016  

Une profession rare au Québec

David Bérubé, diplômé de l'ÉTS, sera bientôt ingénieur-scaphandrier

11 avril 2016
David Bérubé, finissant de l'ÉTS,
deviendra sous peu ingénieur-scaphandrier.
L'ancien joueur de rugby de l'ÉTS et diplômé en génie de la construction David Bérubé se trouve en Écosse depuis le 5 février dernier afin d’y suivre une formation de scaphandrier. Il a découvert sa façon à lui de marier l'activité physique à une carrière en génie. Il sera de retour à l’ÉTS à la session d'été pour poursuivre une maîtrise en génie de la construction (avec mémoire). Portrait d’un ingénieur passionné par l’eau.

Originaire de Rivière-du-Loup, David Bérubé a grandi aux abords du fleuve Saint-Laurent en s’enivrant des effluves de l’air salin. L’appel du fond marin, il l’entend d’aussi loin qu’il se souvienne. L’été précédant son entrée à l’ÉTS, il effectue un stage d’été en Gaspésie pour la réparation de ponts. Attiré comme par un aimant par le métier de plongeur, il veut en savoir plus, toutes les fois qu’il rencontre un scaphandrier. C’est à partir de ce moment-là que les éléments le ramèneront toujours vers ce rêve de plonger. 

Le hasard faisant bien les choses, son premier stage l’amène à Tadoussac. Là-bas, il surveille la réfection des quais des traversiers du fjord du Saguenay. Il côtoie, par le fait même, une unité de scaphandriers. Il constate alors les avantages indéniables qu’il y aurait à combiner les connaissances acquises dans sa formation d’ingénierie au métier de plongeur.

Dans le cadre d’une conférence donnée dans le cours CTN742, David fait la rencontre marquante d'un grand ingénieur, M. Jacques Bertrand. « Ce qui m’a le plus frappé chez M. Bertrand, c’est d’abord sa passion pour sa spécialité, soit les travaux de réfection avec le béton, raconte David. C'est impressionnant que cette personne, maintenant censée être à la retraite, continue de travailler avec la même passion depuis 50 ans. Pour ma part, il n'y a rien de plus important chez un ardent travailleur et chez un entrepreneur que de travailler avec passion tous les jours. Cette ardeur combinée avec l'ambition et la ténacité sont les ingrédients primordiaux pour un entrepreneur. »

« C'est dans son discours au ton de leader que j'ai remarqué que M. Bertrand était une véritable référence au Québec dans sa spécialité. Le béton n'a aucun secret pour lui, et il continue à être informé des récents développements. J’ai tellement été interpellé par sa présentation, que c'est à partir de ce moment qu'un de mes projets, soit de devenir scaphandrier, a refait surface… sans faire de jeu de mots! »

Créer le précédent


Jusque-là, son rêve reste virtuel, car David n’a encore jamais vu le fond marin du Saint-Laurent ou d’une quelconque autre étendue d’eau. Pourtant, il sait que ce monde est fait pour lui. Tout se confirme en 2014 alors qu’il effectue enfin sa première plongée sous-marine; c’est exactement comme il le pensait! Il obtient ainsi sa certification en plongée sportive.

Il réalise ensuite son troisième stage chez SPG Hydro International inc. et cette fois, ce n’est pas un hasard si l’entreprise se spécialise dans les travaux sous-marins. Son expérience l’amène à superviser sur terre des travaux subaquatiques et des équipes de scaphandriers. Mais ce qu’il aimerait bien, lui, c’est aller sous l’eau avec les plongeurs.

En avril 2015, il obtient son diplôme en génie de la construction. L’employeur de son deuxième stage, Hamel Construction, lui fait ensuite une offre qu’il accepte même s'il doit mettre de côté sa passion. Son rêve le rattrape toutefois assez rapidement…

Rencontre déterminante

À l’été 2015, après une plongée pour le plaisir dans les eaux escouminoises, il a l’impression d’enfoncer une fois de plus  le couteau dans la plaie. Sur le chemin du retour en traversier, il remarque une camionnette tractant un bateau muni d’équipement de scaphandrier. « Je n’ai pas pu m’empêcher de rester près de la camionnette, se rappelle David. C’est ainsi que j’ai rencontré Luc Garand, l’un des plus grands scaphandriers du Québec. Le lendemain, c’est en faisant des recherches Internet sur WSP que je me suis rendu compte à quel point cette entreprise était big. Je me suis donc dit que je voulais y travailler. »

Et c’est ce qui est arrivé! David travaille maintenant avec Luc Garand chez WSP.

Entre temps, M. Louis Morin devient son parrain à l'Ordre des ingénieurs du Québec. « Ce grand homme du génie civil a élaboré un modèle mathématique permettant de déterminer la durée de vie résiduelle restante d'une structure d'acier immergée grâce aux cratères de corrosion, explique David. Il cumule plus de 45 années d’expérience. Ses connaissances dans le milieu subaquatique sont plus qu’impressionnantes! »

Quand le rêve devient réalité


C’est en discutant avec M. Morin que David Bérubé décide finalement de plonger véritablement pour devenir scaphandrier. Il choisit alors d’aller suivre un cours de 11 semaines intensives en Écosse.

« Nos journées ici sont très intenses, raconte-t-il. Je suis entouré de 11 autres plongeurs qui viennent de partout dans le monde. On y apprend toutes les procédures d’intervention en milieu subaquatique, des procédures particulières à celles d’urgence comme les premiers secours. On y pratique également des travaux immergés comme de la soudure ou du découpage. On manipule, entre autres, de l’outillage sous-marin. »

Il apprend également à garder son calme sous l’eau, peu importe la situation. Un bris d’équipement, ça peut arriver et quand ça survient à 50 mètres sous l’eau, ça demande une grande maîtrise de soi! « À tout moment pendant la formation, on nous teste. Il arrive qu’on coupe mon alimentation en oxygène par exemple pour que j’apprenne à savoir comment réagir et surtout à ne pas paniquer, explique David. À 50 mètres de profondeur sous l’effet de la narcose à l’azote, il m’est arrivé d’être soudainement plongé dans l’obscurité la plus totale pendant 5 minutes en raison d’un bris de lumière sur mon équipement. Tournoyer dans un courant marin dans le noir opaque, c’est une expérience assez spéciale à décrire, mais j’ai appris que ça ne servait à rien de s’énerver. »

Fait cocasse, comme s’il n’avait pas assez vu d’eau dans sa semaine de 60 heures de formation et de plongées quotidiennes, il se rend habituellement à la piscine de son quartier le samedi pour y nager afin de garder la forme. Le 22 avril prochain, David sortira donc de la Professional Diving Academy de Dunoon avec le titre de scaphandrier HSE, reconnu mondialement, qu’il pourra accoler à son titre d’ingénieur junior. 

« C’est beaucoup de sacrifices comme métier. Mes journées futures seront souvent longues et épuisantes. Je serai amené à voyager, et donc à être loin de mon entourage. Mais je ne suis pas fait pour un boulot de 9 à 5. J’ai besoin d’être sur le terrain, de bouger, de vivre des imprévus, confie-t-il. Je suis fait pour la plongée. Et pour moi, un bon plongeur doit être aussi compétent à l’extérieur de l’eau que dans l’eau. Toute plongée demande de la préparation, une bonne communication et de la prévention. »

À son retour, il réalisera des mandats au nom de WSP et reviendra à l’ÉTS entamer une maîtrise en génie de la construction (avec mémoire) à temps partiel. « Je souhaite poursuivre les travaux de recherche de M. Morin. C'est le travail de toute une vie qui demande à être achevé », précise David.

Les ingénieurs-scaphandriers se comptent sur les doigts d’une main au Québec. David Bérubé peut se targuer de faire partie de ce cercle restreint.  

Il souhaite à long terme devenir une véritable référence au Québec dans les travaux sous-marins et inspections subaquatiques.

D'ici ton retour David, salue les eaux du Firth of Clyde pour nous!

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