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2014  

Améliorer la prise en charge de l’arthrose

Le rêve de Nicola Hagemeister

11 avril 2014
Au cours des 4 prochaines années, la professeure Nicola Hagemeister pilotera un projet de recherche d’envergure intitulé « Mieux diagnostiquer et traiter l'arthrose du genou : un impératif clinique et économique pour le système de santé » grâce à l’appui financier du Fonds de partenariat pour un Québec innovant et en santé et des entreprises Emovi et Sanofi Canada.

Le projet totalisant 4,6 millions de dollars consistera à valider l’efficacité du programme MonArthrose.ca pour améliorer le diagnostic et la prise en charge de l’arthrose du genou et pour réduire les coûts directs et indirects liés à cette maladie dont souffrent 4,4 millions de Canadiens. Le programme MonArthrose.ca, propose un plan de traitement personnalisé adapté à la condition du patient, contrairement à la pratique habituelle qui a une approche plus générique.

En effet, grâce à la Graphie de la cinématique du genou (GCG) offerte par KneeKG – un système d’examen du genou en mouvement et en 3D développé par des chercheurs de l’ÉTS – il est dorénavant possible d’identifier avec précision l’origine du problème et de proposer un plan de traitement adapté au patient et à son niveau de douleur.

Par ailleurs, le cheminement traditionnel implique une multiplication de consultations auprès de spécialistes, des examens par résonnance magnétique non pertinents et globalement des délais d’attente interminables, pendant lesquels l’articulation continue de se détériorer et le patient de souffrir.

Un fardeau économique exorbitant
Il n’existe pas présentement de moyen de guérir l'arthrose du genou. Dans le plus récent rapport de l’Alliance de l’arthrite du Canada, L’impact de l’arthrite au Canada : aujourd’hui et au cours des 30 prochaines années, « on estime que l’arthrose génère 10 milliards de coûts directs en soins et les coûts cumulés devraient atteindre près de 550 milliards de dollars d’ici 30 ans. De même, les coûts indirects sont actuellement estimés à 17 milliards de dollars et les coûts indirects cumulés devraient atteindre 909 milliards de dollars d’ici 30 ans », donc un fardeau économique cumulé qui pourrait atteindre 1455,5 milliard de dollars en 2040, si aucun changement n’intervient.

Les axes de changement
Le même rapport présente les stratégies retenues pour alléger le fardeau de l’arthrose au Canada :
  • arthroplastie totale pour l’arthrose
  • réduction du taux d’obésité
  • stratégies de prise en charge de la douleur pour l’arthrose
  • diagnostic et traitement précoces avec accès rapide aux antirhumatismaux à action lente (ARAL) pour la polyarthrite rhumatoïde.

Les travaux de Nicola Hagemeister se situent dans le 3e axe. En effet, le programme MonArthrose.ca a pour but de diminuer la douleur par une prise en charge personnalisée de manière à retarder le recours à la chirurgie.

Méthodologie du projet
Le projet consiste en une vaste étude randomisée contrôlée impliquant 2000 patients recrutés parmi la clientèle de 75 Groupes de Médecine Familiale (GMF) du Québec sur une période de 4 ans. Selon une assignation au hasard, la moitié des GMF dispenseront les soins selon la pratique médicale actuelle alors que l’autre moitié utilisera le programme MonArthrose.ca incluant des examens diagnostiques standardisés (examen CGC et radiographie du genou) et une approche thérapeutique personnalisée visant à corriger les facteurs de risque modifiables et améliorer le contrôle de la douleur.

La variable primaire sera le coût direct et indirect de la prise en charge. Les variables secondaires seront la condition physique des patients, leur qualité de vie, leur productivité et leur degré de satisfaction mesurés à l’aide de questionnaires et d’échelles standardisées et la perception et la satisfaction des médecins impliqués quant à la qualité des soins prodigués.

Résultat recherché
Le livrable principal sera un algorithme de prise en charge dont la propriété intellectuelle sera transférée au gouvernement du Québec. Pour le Québec, on anticipe des retombées socio-économique importantes par la réduction des coûts d’une part, mais aussi par l’accroissement de la capacité économique des partenaires industriels impliqués. La pratique médicale pour la prise en charge de cette maladie en sera modifiée avec une qualité de vie meilleure pour les québécois atteints de cette maladie. Le Québec pourra se placer comme chef de file dans ce domaine, pour lequel il n’existe pas, actuellement dans le monde, d’approche structurante et efficace.

L’équipe de recherche
Nicola Hagemeister, professeure titulaire, ÉTS
Nathalie Bureau, professeure titulaire, CRCHUM
Manon Choinière, professeure titulaire, CRCHUM et Université de Montréal
Nathaly Gaudreault, professeure, Université de Sherbrooke
Neila Mezghani, professeure, TELUQ
Madeleine Durand, médecin et chercheure, Hôtel-Dieu du CHUM

Pour information
Emmanuelle Berthou
Service des communications
514 396-8427

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