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2013  

Quartier de l’innovation

Les pièces du puzzle se mettent en place

17 janvier 2013
Véritable phénix, le Sud-Ouest de Montréal connaît une renaissance spectaculaire. Et l’ÉTS participe à ce mouvement de revitalisation avec son projet de Quartier de l’innovation (QI). De quoi s’agit-il? D’un écosystème d’envergure internationale propice à la formation et à l’innovation économique et sociale, de même qu’à la diversité artistique et culturelle, fondé sur le regroupement d’une communauté créative désireuse de vivre, d’apprendre, de travailler, de se divertir et d’innover ensemble.

Comment le projet évolue-t-il deux ans après ses premiers balbutiements? L’ÉTS fait le point sur le dossier avec le directeur général de l’École, Yves Beauchamp.

Rappelez-nous comment est né le projet?
L’idée du QI est née du regard que l’ÉTS a posé sur le quartier. Voyant l’expansion que l’École prenait, différents promoteurs sont venus nous voir avec des propositions d’aménagement du patrimoine bâti. Constatant qu’aucune n’était vraiment structurante pour le quartier, nous avons commencé à réfléchir, comme citoyen corporatif, à la question du redéveloppement du Sud-Ouest. Nous avons demandé à différents partenaires externes de participer à la validation de nos réflexions, qui touchaient à l’évolution du campus, à l’aménagement du quartier, aux services que l’on devrait y trouver et à ce qui pourrait y amener une communauté créative. Les discussions ont fait émerger un concept qui a été adopté par le conseil d’administration de l’École et qui est devenu notre plan de match.

Qu’est-ce qui fait l’essence du QI?
Il s’agit d’un quartier qui se distingue par la mixité des usages et la mixité sociale que l’on y trouve. Le QI sera structuré en fonction de quatre volets : un volet industriel, qui est déjà présent; un volet formation et innovation; un volet urbain, axé notamment sur le développement durable, le transport public et la gestion d’infrastructures partagées; et un volet social et culturel, qui misera sur la présence de créateurs et d’idéateurs issus de différents domaines.

Le concept de QI a-t-il un pendant ailleurs?
Plusieurs grandes villes ont développé des quartiers comparables, des quartiers qui ont un branding. Je pense, par exemple, à New York, à Boston et à Barcelone. Dans ce dernier cas, il s’agit d’un succès notable, puisque le District 22, ainsi qu’il a été nommé, a attiré 1400 entreprises et contribué à créer 40 000 emplois en 10 ans. De notre côté, j’ose dire que nous tentons de tirer le meilleur de chacun de ces projets, tout en évitant les erreurs qui ont été commises bien involontairement.



D’où est venue la collaboration avec l’Université McGill?

De façon toute simple, des liens se sont tissés entre nos deux établissements au fil des ans. Il faut savoir que la principale et vice-chancelière de McGill, Heather Munroe-Blum, et moi avons été nommés à peu près au même moment et que nous partagions un intérêt pour les relations entre les universités et les entreprises. Les discussions se sont donc enchaînées, jusqu’à déboucher sur un partenariat dans le projet du QI. Je dois d’ailleurs dire que l’arrivée de McGill dans le dossier a été un catalyseur. Plusieurs se sont dit que si l’Université McGill trouvait notre projet intéressant, c’est qu’il y avait vraiment quelque chose là!

Et j’ajoute que notre collaboration engage l’ensemble de nos établissements et non leurs seules activités en génie. McGill se situe en amont de la chaîne de l’innovation alors que l’ÉTS est à mi-chemin entre McGill et l’industrie. Il y a donc là une très forte complémentarité.

Le projet de QI commande-t-il des investissements importants?
Non. Le QI est un projet d’idées, pas un projet immobilier. L’essence du concept réside dans le partage d’une vision commune de l’organisation économique, urbanistique, académique, sociale et culturelle. Depuis deux ans, nous avons rencontré de nombreux représentants de Montréal et des gouvernements provincial et fédéral, des élus des arrondissements du Sud-Ouest et de Ville-Marie, des groupes socio-économiques du quartier et des citoyens afin de faire la promotion de cette vision.



Et quels sont les derniers développements dans le dossier?
Je suis heureux d’annoncer que nous avons déjà créé un conseil d’administration provisoire qui verra à la mise en place d’une organisation à but non lucratif (OBNL) chargée d’animer le projet. Pour ce faire, l’OBNL aura pour mandat de créer des événements et des occasions de rencontre, d’animer les médias sociaux, de diffuser de l’information, de devenir une véritable antenne pour les établissements d’enseignement et de recherche et de faire émerger des liens avec d’autres quartiers de l’innovation ailleurs au monde. Ce centre multiressources d’animation et de promotion devrait voir le jour au printemps.

Nous avons aussi créé un comité d'ambassadeurs qui regroupe des acteurs importants du Québec innovant, parmi lesquels Monique Leroux (Mouvement Desjardins), Daniel Lamarre (Cirque du Soleil), Jean-François Bouchard (Sid Lee), Marcel Côté (Secor), François Côté (Telus), Terrence H. Matthews (Wesley Clover) et Andy Nulman (Just For Laughs). Comme l’innovation ouverte est, en quelque sorte, un sport de contact, ils auront pour mandat d’intéresser les membres de leurs réseaux respectifs au projet du QI.

En troisième lieu, nous travaillons à la mise en place de différents groupes de liaison afin de favoriser la concertation entre les intervenants en fonction des quatre volets qui fonderont le QI. Ces groupes, qui se rapporteront à l’OBNL, seront constitués par des gens et des organismes du milieu, qui ont des intérêts dans le quartier.

Quatrièmement, nous suivons le dossier de la vente du Planétarium de Montréal de très près. Pour nous, il s’agirait d’un lieu de premier plan pour implanter un hub de créativité, c’est-à-dire un lieu consacré à la génération structurée d’idées dans le but d’en venir à des innovations. Ce qui est intéressant, c’est que ce projet pourrait aller de l’avant tout en respectant l’intégrité architecturale de l’édifice, une exigence de la Ville de Montréal.

Enfin, nous travaillons déjà à créer une marque, un brand, du QI, de façon à «matérialiser» l’identité de la communauté, afin que les gens qui arrivent ou circulent dans le secteur sentent qu’ils font partie d’un environnement particulier.

Où en sera le QI dans cinq ans?
Nous aurons certainement été témoins de l’émergence d’un quartier développé de façon à favoriser une mixité urbanistique et sociale. S’agira-t-il d’un quartier innovant? Il n’en tiendra qu’à nous, à notre capacité à attirer des cellules d’innovation dynamiques et à intéresser les gens les plus créatifs du Québec et du monde à cet environnement.

Et votre rôle dans ce grand mouvement?
Je fais simplement circuler une idée, une idée qui s’inscrit dans la vocation nationale de l’ÉTS, qui est de contribuer au développement économique du Québec, et qui s’inscrit aussi dans la mouvance créative actuelle de Montréal. Et si tout se passe comme prévu, nous pourrons aussi redonner à la communauté de l’École ce qu’elle souhaite tant retrouver : la vie de quartier qui venait avec son «Plateau», du temps où elle était située sur le rue Henri-Julien.

Vous avez choisi de ne pas solliciter de troisième mandat à la direction générale. Qu’en sera-t-il de ce projet?
Il est vrai que le Quartier de l’innovation est un dossier qui me tient particulièrement à cœur et je continuerai à suivre son évolution de près. D’ici à mon départ, en juin, des étapes importantes auront été franchies, notamment la création formelle des groupes de liaison, de l’OBNL et de son conseil d’administration. Le QI aura alors pris son envol.

Je souhaite très sincèrement que ce projet rassembleur se développe dans toutes ses dimensions. C’est non seulement l’ÉTS qui en bénéficiera, mais également toute la région montréalaise et la société québécoise dans son ensemble.

Texte paru dans le journal ÉTS@360 Vol.8 No 2 (Automne 2012 / Hiver 2013)


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